Foursquare est le site web 2.0 qui déchaine les passions ces temps-ci, et plusieurs événements ont servi de catalyseur. Qu’en est-il réellement ? Va-t-on vers un rapprochement des gens suivant leurs localisation géographique, ou bien tendons-nous vers une suppression de toute vie privée en ligne ?
On peut apparenter Foursquare à un jeu de géocaching, sauf qu’au lieu de trouver le “butin”, il faut ici obtenir des badges et s’approprier des lieux à force de visites répétées. On devient alors le Mayor (maire) de cet endroit.
Prenons un exemple… J’ai un déjeuner. A mon arrivée, j’utilise mon téléphone pour enregistrer ma présence (check-in) : l’application détecte ma position et me propose les lieux les plus proches. Si le restaurant dans lequel je suis n’existe pas, je peux le créer et cet endroit sera alors accessible aux prochains visiteurs. Et si une fois le déjeuner terminé je souhaite partager mon impression, je peux faire une recommandation pour indiquer à la communauté que l’entrecôte était très bonne.
Pour chaque action effectuée (check-in, recommandation) des points sont attribués et je peux comparer mon score à celui de mes amis.

La dimension sociale de ce service est aussi dans sa façon de générer des bons plans et des rencontres. Lors d’un enregistrement à un endroit, vous pouvez-voir les autres membres de la communauté qui sont sur place, et aux Etats-Unis ont voit de plus en plus d’établissements proposant des “Mayor Bonuses”, c’est-à-dire des promotions sur les consommations pour le maire virtuel de l’établissement. A quand en France ?
Si on parle beaucoup de Foursquare, c’est pour plusieurs raisons.
D’abord parce que ce service multiplie les partenariats avec des événements et marques (Intel CES 2010, la Fashion Week, le film Valentine’s Day, les chaînes de TV Bravo et HBO…) en proposant des badges spécifiques à débloquer, et il en va de même pour les compagnies de transport public : l’utilisation des métros de Vancouver (Translink) et de San Francisco (BART) récompensent la fidélité de leurs utilisateurs avec des badges tout en leur permettant de rencontrer d’autres utilisateurs empruntant les mêmes lignes !

Ensuite parce qu’il y a une similarité frappante avec Google Buzz, l’aboutissement de Google Latitude, un service de géolocalisation de ses contacts, sorti en 2009. Ce qui est normal considéré que Latitude est issu du rachat de Dodgeball par Google en 2005 : l’ancêtre de Foursquare !
Enfin, de récentes polémiques sur la vie privée ont inspiré la sortie du site Please Rob Me, qui utilise les traces laissées par Foursquare sur les réseaux sociaux pour permettre aux voleurs en herbe de vérifier la présence des personnes à leur domicile. Des critiques auxquelles la team Foursquare a répondu sur son blog.
De nombreux apprentis Nostradamus ont annoncé que 2010 serait l’année de la géolocalisation et du partage de trajet/position, et il est certain que ce mouvement est en bonne marche. Twitter qui autorise l’intégration de méta-données GPS dans les tweets, Foursquare, Gowalla et consors qui évoluent plus que bien, Google qui lance Buzz en insistant sur l’aspect géolocalisé…
Nous allons continuer de voir des services exploitant nos informations géographiques, peut-être pour le côté amusant de voir ce que font/pensent nos “voisins”, surtout pour affiner les statistiques et les ciblages marketing.
Choisir d’en faire un simple terrain de jeu où l’on s’amuse et découvre, ou d’y laisser les dernières plumes de notre vie privée, la balle est entre nos mains.















