Quand les réseaux sociaux remplissent le vide laissé par les médias

Au Mexique, on savait que twitter pouvait vous conduire en prison. Maintenant, il parait que cela peut vous sauver la vie. Il faudrait savoir.

Le New-York Times nous apprend ainsi qu’au moment où la justice de l’Etat de Veracruz punissait des internautes pour avoir inventé une prise d’otages, une fusillade générait une frénésie de tweets avant que policiers ou journalistes aient le temps de finir leur citronnade.

La lutte contre les cartels, crowdsourcée ?

Là-bas, les tweets n’ont pas le souffle épique d’une révolution. Ils ont plutôt le ton d’un bulletin de trafic un peu trop quotidien, du genre « Évitez la Plaza Las Américas, profusion de tireurs cagoulés ». « Il ne s’agit pas d’actes de sédition politique ou de tentatives de provoquer en direct un changement de gouvernement », explique au New-York Times Nicholas T. Goodbody, professeur de culture Mexicaine au Williams College (Massachusetts).  »Ces personnes tentent juste de se faufiler à travers le quotidien ».

95 % des Mexicains qui ont accès à internet possèdent un compte Facebook. 4 millions d’entre eux sont sur Twitter et les blogs/wikis consacrés aux cartels poussent comme des cactus en plein désert. Mais attention à ne pas voir dans ce succès des réseaux sociaux la confirmation de leur supériorité sur le marché des médias. Moins qu’une amélioration de l’information en elle-même, ils reflètent l’inanité de la presse et ne font que remplir ce vide dont la nature a horreur. Dans un pays où 40 000 personnes ont été tuées dans la guerre des cartels, depuis cinq ans, on en arrive à cette situation quasi absurde où l’on peut oublier ses clés mais pas son smartphone en quittant son domicile.

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