L’article est mort, vive l’article

Le monde de la rédaction web est en émoi. L’article serait en phase terminale et, avec la prise en compte du graphe social dans les résultats de recherche Google, le référencement perd le Nord. Quelles conséquences sur la rédaction web ?

Jeff Jarvis / Flickr - Eirik Solheim

Jeff Jarvis, professeur de journalisme et blogueur, a récemment condamné l’article comme mode de publication de contenu. « Luxe », « sous-produit », l’article serait désormais à ranger au rang des objets du web en voie de disparition. La thèse de Jarvis et ses implications sur le traitement de l’actualité par les journalistes sont parfaitement décrites dans ce billet de Laurent Mauriac, sur Rue89.

Tout article web serait donc condamné ? Il semblerait que certains pourraient survivre à cette vague d’extinction. Les gourous de l’écriture web nous avaient appris à faire court et concis. Tout article long serait abandonné par le lecteur et par les dieux du référencement. Or, ironie de l’histoire : c’est le dinosaure – l’article long – qui s’apprête à survivre au petit mammifère – l’article court.

Disparition du court, renaissance du long

Car c’est bien l’article court qui est le plus menacé par les changements que Jarvis identifie. Celui qui s’attache à traiter d’un fait d’actualité chaude, à couvrir un évènement. Même quelques heures seulement après les faits, ce contenu a perdu la course au profit des flux (Twitter ou autres) où la nouvelle a déjà circulé.

L’article long, lui, survivra en ce qu’il continuera d’apporter une plus-value à l’immédiateté. Jonathan Glick, créateur de l’agrégateur Sulia et cité par Laurent Mauriac, affirme ainsi que « l’écriture dans la longueur survivra en abandonnant les pépites d’information ». Aux flux la couverture de l’ici et du maintenant. Au long article la perspective, la subjectivité, la connaissance.

Après tout, pourquoi pas une réhabilitation du long ? Si un article long est aéré, agrémenté d’intertitres et s’il ne contient pas de verbiage, pourquoi le disqualifier ? Long n’est pas synonyme de fastidieux. Cette renaissance prend notamment forme avec le phénomène Longreads, qui rassemble les « meilleurs articles longs du web » que l’on peut également suivre sur Twitter ou avec des expériences telles que The Atavist. Un printemps des longs articles ?

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