data.gouv.fr : première pierre de l’opendata français, et tout à construire

La France a son portail « open data« . Etalab, l’organisme chargé de l’ouverture des données publiques et placé sous l’autorité du Premier ministre, a officiellement lancé data.gouv.fr ce lundi 5 décembre. Un premier pas engageant, mais qui met en relief les progrès restant à accomplir en matière de sources, d’interface ou d’exploitation des données, surtout au regard d’expériences étrangères comme data.gov aux Etats-Unis et data.gov.uk au Royaume-Uni.

Données originales encore rares

Portail « unique interministériel des données publiques », data.gouv.fr revendique le référencement de quelques 352 000 jeux de données librement réutilisables fournis par 90 producteurs différents, du budget de l’Etat aux résultats des dernières élections commune par commune. La majorité de ces données était pourtant déjà disponible sur les sites des « producteurs ». Selon l’association Regards Citoyens, seuls 5 % auront été spécialement publiées par Etalab pour la sortie du portail.

Des données brutes, sans contexte

Résultat de recherche sur data.gouv.fr

Les données sont présentées sous forme de liens vers des documents à télécharger. Pas ou peu de contexte, ni même d’icône illustrant le type d’extension ou le poids du fichier proposé. Mais les contenus bénéficient d’un système de tags et les « producteurs » de données disposent chacun d’une fiche et le moteur de recherche, l’un des principaux attraits du portail, utilise l’autocomplétion. Il offre des suggestions de recherches et, à défaut de statistiques sur les données les plus téléchargées, la liste des requêtes les plus souvent formulées. Pas de commentaires ou de notes, ni de possibilité de créer un compte pour enregistrer une recherche. Seule concession sociale : les actualités sont partageables.

Datavisuaquoi ?

Pour trouver un exemple illustrant les datavisualisations, l'équipe de data.gouv.fr est allé prospecter... au Royaume-Uni

A défaut d’un accompagnement, les données sont faites pour être agencées dans de jolis graphiques qui permette de rendre attractif d’obscures lignes de chiffres, non ? Pas sur data.gouv.fr où la datavisualisation est persona non grata. Et ce n’est pas le design, tirant vers la grisaille, qui viendra arranger tout ça. En guise de comparaison, allez jeter un coup d’oeil au portail… kényan, opendata.go.ke.

Pourtant, dès leur lancement, les autres portails opendata, qu’il s’agisse du data.gov américain ou du data.gov.uk britannique, proposaient les applications permettant de visualiser leurs données. Pour data.gouv.fr, cette dimension est attendue prochainement, grâce à des applications tierces : « il est évident que des applications pour mobiles feront très vite apparaître (…) quelles richesses gustatives offre le territoire dans lequel le citoyen en déplacement se trouve« , s’est félicité lundi 5 décembre Philippe Cros, coordinateur open data au sein du ministère de l’Agriculture.

Satisfecit Nuancé

Le format .autre, invention de data.gouv.fr ?

Sur le fond, le collectif de promotion de l’open-data Regards Citoyens a tout de même adressé un satisfecit nuancé au portail, « un effort à [leur] sens indispensable de l’État pour un renouveau démocratique et citoyen ». C’est effectivement mérité. Mais pour Regards Citoyens, le service pêche notamment de part la trop grosse importance qu’il accorde aux formats « propriétaires » des fichiers de données, pas toujours compatibles avec tous les logiciels. Ainsi, un classement des données par type de format révèle la prédominance du .xls de Microsoft, loin devant ses concurrents « ouverts » comme le .csv.

« Innovation. Transparence. Ouverture ». Data.gov.fr, c’est bien un peu de tout ça. Mais juste un peu. En attendant mieux.

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